Deborah – Voici mon histoire…

J’avais 19 ans lorsque j’ai rencontré un gars super gentil et mignon à une fête. Nous avons commencé à sortir ensemble peu de temps après. Tout allait très bien et nous avons vite commencé à vraiment nous soucier l’un de l’autre. Il me traitait bien et je me sentais très à l’aise avec lui.

Environ 6 mois après le début de notre relation, les choses ont commencé à changer, mais je n’ai jamais vraiment reconnu les signes… dépression… isolement de mes amis… jalousie soudaine et sautes d’humeur brutales.

Pourquoi n’ai-je pas remarqué les signes? …Parce que je voulais réellement que cette relation réussisse.

Une nuit, lorsque nous étions ensemble, tout me semblait bien aller. Tout à coup, nous avons commencé à nous disputer et avant même que je m’en rende compte, il m’a donné un coup de poing.

Je me souviens que son regard montrait qu’il venait de prendre conscience de son acte – il était en état de choc. Il a passé le reste de la journée et de la nuit à s’excuser, à me dire à quel point il m’aimait et que cela ne se reproduirait jamais. Le lendemain, il m’a acheté des fleurs.

J’étais si naïve. Je lui ai pardonné et croyais qu’il ne me frapperait plus jamais. Lorsqu’il s’est excusé, il a promis que cela ne se reproduirait plus : il m’aimait trop pour me perdre.

Je ne suis pas restée avec lui parce que j’aimais être intimidée. Je voulais améliorer ma relation plutôt que d’y mettre fin. Le lendemain, une amie au travail a remarqué la noirceur sous mon œil (mon maquillage ne recouvrait pas entièrement l’ecchymose). J’ai été honnête et lui ai raconté ce qui s’était passé et l’ai assurée que cela ne se reproduirait jamais. Elle a suggéré que je parle à une intervenante au refuge pour obtenir du counseling. Je n’ai pas suivi son conseil – après tout, il m’avait dit qu’il ne me frapperait jamais plus.

Cette façon d’agir est devenue constante. Ses humeurs étaient changeantes. J’étais atterrée d’apprendre que cet homme parfait n’était pas la personne que je croyais. Le lendemain matin, je lui ai demandé de s’asseoir pour que l’on discute de la possibilité de garder nos distances quelque temps. Son humeur a immédiatement changé. Il m’a regardée et a dit : « Si je ne peux pas t’avoir, personne d’autre ne le pourra. » Des images de ce jour ont défilé dans mon esprit pendant des années.

Il m’a immédiatement attrapée et a sorti un énorme couteau de poche. J’ai été stupéfaite et trop petite pour bien me défendre. Pendant la lutte, j’ai été coupée plusieurs fois au visage, au cou et aux bras. Il m’a ensuite poignardée dans le ventre, transperçant mon foie 8 fois avant de m’étrangler jusqu’à l’inconscience. Tout cela devant un miroir parce qu’il voulait que je le voie et que je m’en souvienne.

Je me souviens d’être tombée sur le lit et d’avoir pensé « ça y est… je vais mourir.  » J’ai perdu 6,5 pintes de sang avant l’arrivée des services d’urgence. Je me considère chanceuse d’avoir survécu à un acte de violence si horrible, mais je ne savais pas comment composer avec ce qui m’était arrivé alors je n’en ai jamais parlé. Je n’ai pas cherché à obtenir du counseling, et éventuellement me suis mise à me blâmer pour ce qui m’était arrivé.

Je pense chaque jour à ce qui m’est arrivé – impossible d’oublier en raison des cicatrices. Aujourd’hui, je peux en parler avec confiance, sachant que je pourrais aider quelqu’un en relatant mon histoire.

Personne ne mérite d’être frappé ou d’être soumis à une forme quelconque de violence. Que la personne ait été « provoquée » ou non, la violence est toujours inacceptable.

Éventuellement, je suis de nouveau tombée amoureuse et me suis mariée. Nous avons été bénis d’avoir deux beaux garçons. Relation différente, homme différent, mais cette fois, j’étais victime de violence psychologique, plutôt que physique.

Je me suis rendu compte que je me trouvais de nouveau dans une relation malsaine. Malgré la terreur que je ressentais, j’ai éventuellement eu le courage de mettre fin à mon mariage et me suis rendue au refuge Women’s Place. J’étais très nerveuse et ne savais pas trop à quoi m’attendre à mon arrivée. J’ai été accueillie à bras ouverts dans ce foyer et on m’a donné une chambre à partager avec mes deux fils.

Pendant mon séjour, le personnel m’a fourni du soutien, du counseling et un encadrement formidables qui m’aideraient à réussir tant sur le plan personnel que professionnel et à rebâtir mon estime personnelle.

Je vous relate mon histoire parce que je crois que c’est en sensibilisant les gens que nous pourrons mettre fin à la violence. En soutenant la Coalition pour mettre fin à la violence faite aux femmes (CEVAW) en tant que donateurs ou de bénévoles, vous faites une différence dans la vie de femmes et d’enfants qui cherchent à obtenir du soutien.